Quand le 2.0 se met à surfer sur la Misère du Monde… #RH20 #SIRH


by Fredwpt 25/06/2011

Loin de moi, l’idée de vouloir casser toute initiative bien louable destinée à favoriser plus « d’efficacité et de transversalité » 2.0 qui permettraient de plus faire « quelque chose » pour l’emploi et contre le chômage grace aux outils 2.0

Mais une fois de plus, certains sont en train de s’engouffrer OU dans un spirale démagogique (surfant sur le Boom des Technologies 2.0, sur le Social Washing de l’Entreprise Responsable et Sociétale), OU dans une spirale mercantile à peine voilée, profitant au passage de la Misère du Monde : en l’occurrence le Chômage

On voit donc apparaître d’excellentes initiatives « sur le papier », comme MyfairJob, (relayé qui plus est Bravo ! sur I.Télé) ou encore Qapa, qui promettent comme ce dernier de faire baisser le chômage de 5 à 10%, rien que ça !

cf. Article relayé ici : http://ht.ly/5qbjl

Je me demande si ce sont des « investisseurs Responsables » qui ont investi paraît-il 1,7 M€ derrière cette Star Up ? (Partech Venture et 360° Capital Partners) ou tout simplement des opportunistes prêts à surfer sur la misère du monde…

Alors j’ai quelques questions (non exhaustives):

– Comment gère t-on la Fracture Numérique pour les chômeurs qui ne sont pas connectés ?

– Comment fait-on, pour auto-déclarer ses compétences sur la base d’un référentiel objectif et commun à toutes les entreprises ?

– Comment fait-on pour vérifier que ces compétences sont bien réelles et pas inventées (par désespoir ou mensonge) ?

– Comment fait-on pour harmoniser entre entreprises ce que l’on met derrière qualifications et compétences (souvent dépendantes non seulement du domaine d’activité, mais aussi du degré d’exigence) de talle manière que ça matche avec toutes celles déclarées subjectivement par les demandeurs d’emplois ?

– Comment fait-on pour gérer l’équation : Profil – Salaire demandé – Salaire proposé – Mobilité –  etc.

Et on y rajoute quoi sur le CV anonyme ?…

Bienvenue aux Marc Simoncini (Meetic.fr) de la mise en relation Chômeurs – Employeurs, sauf qu’il est des domaines dans lesquels on peut vendre de l’espoir et du bonheur qui va aboutir à une rencontre interpersonnelle (au moins virtuelle) d’un côté (Meetic), et d’autres dans lesquels le degré de séduction supposé sera encore au pire discriminant (Fracture numérique) et très imparfait, et au mieux rémunérateur pour lesdites Star Up si elles décollent, et faussement Socialement Responsables pour les investisseurs qui sont derrière.

Les chômeurs eux, pourront malheureusement uniquement se consoler de cette inefficacité annoncée dans les bras d’une Cyber-Rencontre-Rélle 2.0 sur Meetic (s’ils sont connectés)

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3 commentaires sur “Quand le 2.0 se met à surfer sur la Misère du Monde… #RH20 #SIRH

  1. ok

    Merci d’avoir développé

    1. Je suis d’accord avec toi pour dire que Qapa a été très largement sur vendu dans son annonce
    2. Je ne suis pas d’accord avec toi te laisser caricaturer le projet
    3. L’argument des gros investisseurs me paraît déplacé (oui, ils sont là pour faire de l’argent, c’est sale ?)

    1. Ils prennent clairement un risque. Celui de se mettre en porte à faux vis à vis de tous les acteurs de terrain qui oeuvrent au quotidien et souvent dans l’ombre pour tenter un par un de faire sortir des jeunes (et des moins jeunes) de la galère. C’est d’autant plus cavalier, que le produit n’est pas encore public.
    Je pense que ce risque est assumé par une solide équipe. Ce risque est déjà payant puisque nous en discutons… le plus dur pour une startup sortie de nulle part est d’attirer l’attention, de sortir de l’indifférence.

    2. Ils ne peuvent bien évidemment pas sauver le monde. Le chômage est un sujet particulièrement complexe (adéquation en terme de compétences offre / demande, partie de la population laissée sur le carreau ayant perdue confiance dans la vie, population structurellement inapte au travail…)
    Par contre, ils peuvent très bien proposer un outil efficace pour des métiers non-cadre. Et de fait, je ne sais pas si tu es allé un jour au pôle emploi mais ils ont des ordinateurs voire des gens pour t’aider à les utiliser…

    Alors oui Qapa est survendu, mais n’est-il pas possible de leur laisser le bénéfice du doute et d’attendre qq mois pour voir s’ils ne permettent pas à quelques personnes de trouver un emploi ?

    PS : Sur Qapa les chômeurs ne payent pas, ce sont les entreprises qui payent pour pouvoir dialoguer avec les candidats. Un modèle similaire pourrait être choquant s’il promettait de fournir un emploi contre paiement (un experteer http://www.experteer.fr/ du pauvre en somme)

    • Merci Romain pour ton commentaire,

      Comme tu le soulignes la façon de tordre et de caricaturer un problème est une technique de maïeutique qui a le mérite de « provoquer » … le débat…

      Pour répondre sur le point 2/ je connais à peu près le problème puisque ma femme travaille dans une Maison de l’Emploi (dépendant d’une communauté d’agglomération) avec une équipe de recruteurs, de psy, de personnes qui sont en contact des entreprises et les collectivités locales pour tenter de faire en sorte en tripartite, de donner les moyens aux personnes les plus démunies de se mettre en situation de trouver un emploi (après avoir au minimum pu retrouver dans un premier temps, une certaine dignité pour être en configuration de pouvoir faire la démarche)
      Je serai donc ravi que Pôle Emploi et les Maisons de l’Emploi puissent avoir les outils les plus performants (soit à leur disposition, soit en complément)

      Pour ce qui concerne les outils, ce que je remets en cause dans un premier temps c’est la capacité à rapprocher des besoins d’entreprises et de personnes en recherche sur la base de compétences partagées et communes (pour les raisons que j’évoque au travers de mes questions). Je n’ai d’ailleurs pas eu d’éléments de réponse là dessus. Et c’est sur ce point précis que j’ai de gros doutes quant au succès des projets.

      J’ai bien compris que ça n’était pas les chômeurs qui payaient dans le système (et heureusement d’ailleurs) sinon mon billet n’aurait pas été provocateur, il aurait été incendiaire…

      Faire des Profits est la raison d’être d’une entreprise, sinon en effet c’est une association ou un organisme public, donc je ne stigmatise et ne vilipende pas le système de recherche d’investisseurs et de levée de fonds. Je ne dis pas non plus que ces derniers sont des B.Madoff en puissance… Je dis qu’il y a quand même quelque chose de malsain (mais c’est mon opinion) à vouloir faire des profits avec cette thématique et ce problème de société.
      Là est la nuance.

      Maintenant si le secteur privé réussit là où l’état et les collectivités échouent finalement tant mieux. Mais j’en doute beaucoup vu les promesses et « claim » qui sont faits au delà de la technicité que je mets en doute.
      J’aimerais, mais est-ce un voeux pieu que le cas échéant, cela se fasse avec mesure (dans tous les sens du terme) et surtout sans fausses promesses, car ça n’est pas un sujet Bling Bling loin de là. On touche là à la détresse des gens et on ne joue pas avec.
      En tout cas ce sont mes propres valeurs morales.

  2. Re-Bonjour Fred,

    C’était à prévoir mais nous ne tomberons pas d’accord. Le point positif étant que chacun de nous aura eu l’occasion d’avancer ses idées et par là même de les enrichir.

    Merci de m’avoir fait un espace chez toi. si tu réponds à ce commentaire, je lirai ta réponse mais ne souhaite pas aller plus loin. J’ai simplement exprimé une opinion et ne veux pas me positionner comme expert sur le sujet.

    Je fais un doigt à la morale, tout en essayant de respecter au mieux mon éthique personnelle.

    Mon éthique consiste entre autres choses à ne pas utiliser des actions gratuites (ou non monétisées) pour les faire valoir comme argument d’autorité. En pratique voici ce que ça donne « je suis complètement légitime sur le sujet parce que j’ai fait telle et telle action. ».

    Hop hop, revenons maintenant au débat.

    * L’Etat ne peut résoudre seul ce problème. Structure trop complexe gêne l’innovation et la prise de risque
    * Les associations seules ne le peuvent pas non plus. Trop locales, petits moyens, besoin de soutiens et de bénévoles motivés pour avoir + d’impact
    * Les entreprises privées non plus. Trop partielle dans leur démarche, elles doivent s’adapter à des impératifs de rentabilité qui excluent forcément les pans non rentables du problème.

    La lutte contre le chômage passe par une collaboration entre l’Etat, le milieu associatif et les entreprises privées. En la matière, il y a un vrai besoin : celui de tenter des choses, d’expérimenter et d’innover.

    Pour conclure, l’élection présidentielle approchant, je pense que tu vas bientôt entendre un certain nombre de promesses sur le sujet… Depuis 1974 des promesses sont faites sur le plein emploi pourquoi se cristalliser autour de celle-ci pas d’une autre ?

    On peut toujours rêver : et si ça enclenchait quelque chose ? Si une dynamique se créait et que des acteurs différents travaillaient ensemble sur le sujet ?

    N.B. : Si on prend simplement les dépenses liées à l’informatique au pôle emploi, on est à plus de 300 millions d’euros par an (source : http://www.lafusionpourlesnuls.com/pages/Le_budget_previsionnel_de_Pole_emploi-801200.html )

    Un pari à 1 contre 177, je suis prêt à le prendre ( 1 / (1,7 / 300) )…

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